SUR LA PROPOSITION DE MELENCHON

Institut La Boétie, 30 mai 2026

” […] Mélenchon a dit que une politique anti-chinoise a priori serait erronée. Il a dit que serait opportun de ne pas rompre les relations avec la Chine. Mais peut-être de maintenir ouvert le canal des relations commerciales, culturelles et politique avec la Chine. Je trouve que c’est une proposition raisonnable. Je dis qu’il peut être judicieux d’ouvrir la voie à la France et à l’Europe vers un système de relations internationales un peu différent, un peu moins lié à la relation, de plus en plus coûteuse, avec les États-Unis. C’est une voie sensée, rationnel, dans l’ordre des choses. Mais je soulève ici un problème, qui est tout aussi objectif et qui doit être abordé, si nous voulons développer la thèse de Mélenchon. Le problème est que, surtout ces dernières années, notre déficit commercial avec la Chine ne cesse de croître. Nous importons beaucoup, nous exportons moins. Avec le risque, à ce rythme, de voir nous aussi notre dette extérieure augmenter de manière significative. [..] Il est évident que cette tendance ne peut être laissée aux forces d’un marché déréglementé. De ce point de vue, je dis qu’il faut convaincre les Chinois que le maintien de l’ancien ordre libéraliste est impossible. Si l’objectif est de construire des relations fructueuses entre les pays, il faut trouver une régulation des échanges internationaux. Une régulation qui doit être « politique et non plus de marché ». À cet égard, en développant des hypothèses déjà avancées par le passé par le Fonds monétaire international et l’Organisation internationale du travail, j’ai suggéré une proposition, que j’ai déjà discutée au Parlement européen. Je l’appelle « standard commun » sur les relations économiques et financières internationales […]” (extraits du discours d’Emiliano Brancaccio à l’initiative ‘Chine/États-Unis : comment assurer notre souveraineté économique en France et en Europe ?’, avec Jean Luc Mèlenchon, James Galbraith, Clémence Guetté, Eric Berr – Institut La Boétie, Maison de la chimie, Paris, 30 mai 2026)